aikido GHAAN


La Belle Epoque

Publié le : 13/05/2012
Catégorie : articles
Tags : cebille

Un billet écrit par Claude Cébille

1956. Une baraque en planches aux vitres brisées, un petit poêle à bois dans un coin pour l'hiver nous servait de salle d'entraînement. Bien sur, il fallait la transformer en Dojo, ce que nous nous appliquions à faire entre les séances en délpiant sur le parquet, non pas des "Tatami Hondo", mais les nattes japonaises en paille de riz stockées dans un coin. Inutile de vous préciser qu'au bout de trois chutes, les judogi devenaient noirs comme du charbon et, comme à cette époque les machines à laver se faisaient rares, ma mère était ravie. Notre Professeur nous enseignait la méthode "Kawashi-judo-jujitsu". C'est ainsi que nous portions clefs de bras debout et au sol, ce qui permettait de venir à bout d'un homme plus lourd que soi-même car les catégories de poids n'existaient pas encore. Puis, après l'étude du Judo, il nous enseignait la self-defense au moyen du Jujitsu.

Deux années plus tard, un homme, assis sur le banc, nous regardait avec attention. A la fin du cours il nous aborda en ces termes : "Je m'appelle Guy Lorenzi, je pratique l'Aikibudo (cela ne s'appelait pas encore Aikido), et si vous êtes intéressés, je reviendrais la prochaine fois vous montrer quelques Techniques". Nous avions hâte de découvrir cette nouvelle discipline. Voici ce qui arriva. L'homme se plaça au milieu de la pièce et nous encouragea à l'attaquer à notre guise. Pour nous qui étions habitués au concret, la rencontre avec le vide fut saisissante et je ne vous parle pas des contentions et autres gâteries, c'était extraordinaire, on ne se tenait plus pour porter un mouvement. J'étais convaincu. La vie m'obligeant à choisir, je laissais le Judo-Jujitsu en 1962 de manière à me consacrer à cette nouvelle discipline que je pratique toujours avec bonheur à mon âge.

S'il avait fallu attendre d'avoir un Professeur Diplômé pour pratiquer dans un véritable Dojo, rien n'aurait pu se faire. En 1956, la bonne volonté, le partage et l'Amour d'enseigner, sans rien attendre en retour suffisait à rendre tout le monde heureux.

« Avec ou sans pattes Art »